FinalSpark et les Cellules Cérébrales Humaines

Imaginez un monde où nos ordinateurs ne seraient plus composés de silicium, mais de cellules cérébrales humaines. Non, ce n’est pas un scénario de science-fiction, mais une réalité émergente grâce à l’entreprise suisse FinalSpark. Fondée en 2014 par Fred Jordan et Martin Kutter, cette startup basée à Vevey a développé une neuroplateforme révolutionnaire, utilisant des organoïdes cérébraux humains pour offrir des services de cloud computing. Mais comment cela fonctionne-t-il exactement et quelles sont les implications de cette technologie innovante?

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Qu’est-ce que les Organoïdes Cérébraux?

Les organoïdes cérébraux sont des amas de cellules humaines créées à partir de cellules souches pluripotentes induites (iPSCs). Cette technique, mise au point par le Dr Shinya Yamanaka, permet de reprogrammer des cellules somatiques adultes (comme des cellules de la peau) pour qu’elles se comportent comme des cellules souches embryonnaires, capables de se différencier en presque n’importe quel type de cellules, y compris les neurones. Les travaux du Dr Madeline A. Lancaster ont permis de créer des modèles tridimensionnels complexes du cerveau humain, appelés organoïdes cérébraux. Ces “mini-cerveaux” permettent aux chercheurs de comprendre le développement du cerveau et d’étudier des maladies telles que l’autisme, la schizophrénie ou la maladie d’Alzheimer.

FinalSpark utilise ces organoïdes pour créer des bioprocesseurs. Chaque organoïde, d’environ 0,5 milimètres de diamètre, est composé de 10 000 neurones vivants. Ces neurones sont maintenus dans des incubateurs, alimentés en eau et en nutriments, et protégés de toute contamination. Ils sont reliés à un circuit électrique par une série de minuscules électrodes bidirectionnelles qui envoient des impulsions électriques et mesurent les réponses des organoïdes.

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Une Neuroplateforme Innovante

La neuroplateforme de FinalSpark est opérationnelle 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, permettant aux chercheurs de mener des expériences à distance sur des neurones biologiques in vitro. Pour 500 dollars par mois, les utilisateurs peuvent interagir avec quatre organoïdes via le langage de programmation Python. Cette plateforme offre une consommation d’énergie beaucoup plus faible que les puces électroniques traditionnelles, jusqu’à un million de fois moins selon FinalSpark. Une véritable aubaine dans le contexte de la lutte contre le changement climatique.

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Fred Jordan, cofondateur de FinalSpark, explique que l’entreprise utilise deux méthodes pour stimuler les organoïdes: les électrodes et la dopamine. Les organoïdes peuvent être “récompensés” pour leur travail avec des doses de dopamine, encapsulées dans une cage moléculaire et libérées par des fréquences lumineuses spécifiques. Cette méthode de stimulation et de récompense est essentielle pour optimiser les performances des organoïdes.

Des Applications Potentielles et des Défis

Les applications potentielles de cette technologie sont vastes. La neuroplateforme pourrait être utilisée pour entraîner des intelligences artificielles, réduisant ainsi la consommation d’énergie massive des systèmes actuels. Elle pourrait également ouvrir de nouvelles voies dans la recherche médicale, permettant des avancées significatives dans la compréhension et le traitement des maladies cérébrales.

Cependant, cette technologie soulève également des préoccupations éthiques. Utiliser des cellules cérébrales humaines, même sous forme d’organoïdes, pour des calculs informatiques peut sembler dérangeant. Fred Jordan tente de rassurer en rappelant que l’humanité utilise depuis longtemps des êtres vivants pour effectuer des travaux, de la levure pour brasser notre bière aux chevaux pour labourer nos champs. Mais la question de la sensibilité de ces organoïdes reste en suspens. “Personne ne le sait vraiment,” admet Jordan.

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Nous sommes fermement convaincus qu’un objectif aussi ambitieux ne peut être atteint que par une collaboration internationale.

FinalSpark ne se contente pas de développer cette technologie en vase clos. L’entreprise met sa plateforme à disposition de la communauté scientifique mondiale, gratuitement à des fins de recherche. Déjà, une trentaine d’universités ont manifesté leur intérêt pour cette technologie. La startup prévoit d’élargir son infrastructure pour accueillir davantage de groupes de recherche, dans le but commun de développer le premier processeur vivant au monde.

“Nous sommes fermement convaincus qu’un objectif aussi ambitieux ne peut être atteint que par une collaboration internationale,” affirme Fred Jordan. Une publication scientifique détaillant l’architecture du système et fournissant des exemples spécifiques d’expériences et de résultats est disponible dans la revue Frontiers.

Un Avenir Prometteur, mais Inconnu

Alors que FinalSpark continue de perfectionner sa neuroplateforme, les implications de cette technologie restent en grande partie inconnues. Révolutionnera-t-elle l’industrie informatique? Offrira-t-elle des solutions durables à la crise énergétique mondiale? Ou soulèvera-t-elle des questions éthiques insurmontables? Une chose est certaine: l’innovation de FinalSpark ouvre la porte à un avenir fascinant et incertain.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur la neuroplateforme et la procédure de demande pour les établissements de recherche, des informations complémentaires sont disponibles sur le site web de FinalSpark à l’adresse finalspark.com/neuroplatform.

Image fournie par : DIY Team de Pixabay

FinalSpark est à l’avant-garde d’une révolution technologique qui pourrait changer notre façon de concevoir et d’utiliser les ordinateurs. Bien que des défis techniques et éthiques demeurent, la collaboration internationale et la recherche continue pourraient bien mener à la création du premier processeur vivant au monde. Une aventure à suivre de près !
Jusque là, portez vous bien et on se retrouve très bientôt pour de nouveaux sujets tech. A plus ! 🚀